Charlevoix par la voie des rails parallèles

Par Denis Plamondon

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Je n’allais pas décliner si belle invitation : Partir à la reconnaissance des abords du fleuve St-Laurent entre Québec et La Malbaie à bord du Train du Massif de Charlevoix. La société que gère le Groupe du Massif Inc. avait réservé  un wagon spécial pour des planificateurs d’événements  de Québec et Montréal afin de nous faire vivre une expérience exceptionnelle et nous faire découvrir des paysages époustouflants. La beauté légendaire de Charlevoix exhibe ainsi ses trésors fabuleux et ses spectaculaires décors inaccessibles autrement que par la voie ferrée. Le voyage s’anime dès notre arrivée au pied de la retentissante Chute Montmorency pour ensuite progresser le long de l’Île d’Orléans, le cap Tourmente, la Côte de Beaupré, Petite Rivière Saint-François et, entre fleuve et montagnes, la Baie St-Paul et Pointe au Pic. Cette balade inopinée entraîne les voyageurs dans une infinie kyrielle de tableaux multicolores qui se modulent au gré de la lumière, du mouvement et des perspectives insoupçonnées.

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Centre d'Accueil du Parc de la Chute Montmorency

Le départ

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Malgré la quiétude qui m’habite ce matin-là, j’ai hâte d’arriver sur les lieux de départ de cette excursion singulière et de stationner ma voiture tout près du bâtiment d’accueil au Parc de la Chute Montmorency.  La structure de verre et de métal donne une vue prenante sur la cascade haute de 83 mètres. Je cherche notre hôte qui me refile avec enthousiasme les billets aller-retour pour monter à bord du convoi migrateur. La salle est bondée. Pendant que les plus réveillés dissimulent mal un sourire espiègle et contagieux, les autres pèlerins refoulent en silence leur entrain derrière une mine ensommeillée ou obnubilée.  La présence d’une effigie plus grande que nature du Bonhomme Carnaval rappelle que l’endroit reste ouvert à l’année et que l’hiver offre aux visiteurs acclimatés ses féeries saisonnières.  Cette année, le train du Massif amènera les skieurs et les amoureux de sports d’hiver à la Petite Rivière Saint-François. Je rêve déjà d’y revenir.

Je profite de quelques moments de grâce avant l’embarquement pour sortir et prendre l’air. Une fine bruine effraie les plus frileux qui préfèrent s’entasser dans l’atrium, alors que la fraîcheur de l’automne me réchauffe le cœur à tout coup. J’ai toujours aimé regarder des chutes quelle que soit la grandeur et de m’inonder de cet univers sonore qui m’enivre, mais je dois vous l’avouer, l’actuelle avalanche hydraulique à grand débit qui déferle devant moi m’impressionne à plus d’un égard.

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Train Massif de Charlevoix et Chute Montmorency

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Préparation du service à bord du train

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Bref, la magnifique chute Montmorency constitue un point de départ spectaculaire pour initier le voyageur aux beautés de la nature québécoise et l’accueillir à bord d’un train spécialement conçu, dessiné et aménagé pour lui faire vivre une aventure édifiante, gourmande et enrichissante. Le parcours s’accompagne de toutes les émotions sensorielles et le personnel à bord s’assure avec brio de rendre l’expérience agréable, ludique et mémorable. Le train du Massif cadre le panorama à la manière d’une caméra sur rail opérée à même la main d’un maître réalisateur. Les yeux se réinventent des manières de voir et de se perdre dans cette longue et incessante fenestration mobile qui roule lentement au son d’une musique spécialement inventée et composée pour cette croisière ferroviaire. Comme le disait si bien un steward à bord:

« J’adore travailler dans ce train, j’ai une fenêtre de 140 kilomètres pour me remplir l’existence»!

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Une kyrielle de beautés maritimes

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Baie St-Paul au fond des champs, des toits d'église et du presbytère

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Les repas gastronomiques, commandés à l’avance par le client lors de la réservation, sont servis avec diligence et agissent en symbiose sur les papilles gustatives et ce, sous une lumière ambiante qui change de couleur au plafond du wagon, selon la région parcourue. Un voyage de délectation en train ne signifie pas une course contre la montre, mais suppose au contraire la provision d’un moment privilégié pour profiter de quelques heures de bon temps afin de relaxer, s’émerveiller et observer la nature à vitesse réduite. Je vous recommande la crème brûlée de foie gras de canard de La Ferme Basque de Charlevoix, à prendre avec le Sauvignon blanc disponible sur le train.

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Crêpes roulées aux champignons et asperges, Fromage suisse

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Le service à bord est remarquable

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Bisque crémé à l’huile de homard, Raviolis de fromage de chèvre

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Embarquement :

Le convoi passager n’est pas très long. En fait, le train se compose à peine de quelques wagons, mais nécessite deux locomotives! L’une tire à l’avant, l’autre ferme le cortège. L’astuce permet ainsi de faire faire le chemin inverse au train sans devoir le retourner une fois arrivé à la Malbaie. Les anciens wagons à double ponts ont été réaménagés et renforcés de poutrelles d’acier de manière à en faire qu’un seul. L’effet d’atrium ainsi produit dégage l’espace en hauteur et assure une meilleure visibilité grâce aux fenêtres supplémentaires installées au sommet des parois. Les compartiments se composent de deux banquettes doubles avec une table au milieu et donne sur une grande fenêtre. La nappe est mise;  les verres, la coutellerie et la vaisselle seront bientôt mis à partie.

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À chacune des tables,  un Ipad en fonction indique le nom des passagers et leur place dans le compartiment et relaie l’information au fur et à mesure que l’on avance dans la croisière. Un menu interactif,  appelé à se développer dans le futur, contribue de façon dynamique à l’animation du périple. Des images reflètent l’histoire ou le lieu que l’on traverse. Par exemple, lorsqu’on arrive près de Sainte-Anne de Beaupré, l’appareil diffuse des icônes de la région, comme les vitraux mythiques de la célèbre cathédrale.  La musique originale, bien que discrète, agrémente ce voyage bien orchestré. La technologie, loin d’être envahissante,  améliore l’aventure. Les événements naturels comme les autres que l’on façonne s’impriment de plus en plus sur les caméras, les téléphones intelligents et, surtout … sur les neurones de la mémoire humaine.

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Que l’on regarde les battures à Cap Tourmente – estomaqués par ces milliers d’oiseaux en migration – ou que l’on scrute du côté de la montagne – émerveillés par le feuillage d’automne propre à la nature québécoise – il faut se rendre à l’évidence : ce petit train aux péchés mignons renferme des surprises grandeur sublime. Des rivages, des vagues, des feuilles flamboyantes, des étendues d’eau houleuse, de beaux petits villages, des maisons et des domaines qui défient l’envie (péché véniel), des champs, des fleurs et des états d’âme qui provoquent des rêves ou des projets de réalité augmentée!

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Lorsqu’on arrive à Petite Rivière Saint François, notre hôte attire l’attention sur les travaux de construction en cours à la gare de la municipalité. Les amateurs de sports d’hiver seront choyés dès leur arrivé sur place, car le télésiège part directement de la gare pour les amener sur les pistes de ski! On peut déjà imaginer les forfaits forts populaires au cours de l’hiver. On peut partir de Québec, venir y faire du ski, séjourner dans la station ou aux alentours pendant quelques jours et/ou reprendre le train à son retour de la Malbaie vers Québec! D’autres forfaits permettent aux touristes de dormir un soir au Château Frontenac, à Québec, avant de prendre le train du Massif pour aller passer la nuit au Manoir Richelieu à Pointe au Pic. La société du Massif va bientôt ouvrir ses installations hôtelières, dans la région de Baie Saint-Paul. En fait, la construction va bon train à La Ferme! Peu importe l’option que vous retiendrez, le voyage en train, le long du fleuve St-Laurent, constitue l’une des attractions les plus réussies que vous puissiez faire lors de vos vacances.

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En construction: Gare de la Petite Rivière St-François avec Télésiège!

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Le Manoir Richelieu à Pointe au Pic (La Malbaie)

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le cormier et ses fruits rouges

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La marée est basse. Le rivage mouillé reflète le soleil couchant

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Pour de plus amples information: Le Massif de Charlevoix: 418-632–5876

http://www.lemassif.com/fr/train

Si vous avez aimé cet article, prière de revenir au début du texte pour vos commentaires.

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Denis Plamondon

Prologue

Un ami de longue date (Benoît Ayotte) a écrit un texte captivant sur ses mésaventures lors d’une expédition avec son frère Pierre dans le nord du Québec, au Labrador. Avec leur excursion en canot, les aventuriers cherchaient à donner une visibilité à une bonne cause. Il fallait de l’audace pour défier ainsi la nature.  Si vous aimez l’intrigue, vous serez servis à souhait.

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INTRODUCTION

Dans le cadre d’une levée de fonds au profit de l’Association Québécoise de Prévention du Suicide (AQPS), mon frère Pierre et moi avons décidé de réaliser une expédition de canot au Labrador. Descendre la rivière Namesh, effectuer la traversée du lac Shushep pour enfin finir avec la rivière Kepimits, une aventure de canot échelonnée sur 350km et d’une durée de 4 semaines en plein du Labrador. Nous sommes revenus avant terme et nous avons manqué nos objectifs sur le terrain. Voici notre petite histoire.
Texte et Photos: Benoît Ayotte
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Pierre et moi sommes de retour, oui prématurément, mais quand même de retour. Nous avons affronté un niveau d’eau record pour la région et pour la saison, ce qui a enclenché une série d’événements intenses. Voici un bref récapitulatif de notre expédition.

Comme prévu, nous avons été déposés par hydravion sur le lac de tête de la rivière Namesh et le lendemain matin on entreprenait sa descente en direction du lac Shushep. On constate déjà que le volume d’eau est anormalement élevé, les rapides sont gonflés à bloc, le courant est fort, puissant, brutal même. La bande riveraine a complètement disparu. Les rives sont inexistantes, on tombe immédiatement dans la forêt où le tronc des arbres baigne dans plusieurs pieds d’eau.

Ça y est, on part, on traverse le lac et on atteint la première passe. On s’engage dans ce rapide sinueux d’une longueur de 800m, du moins selon les cartes.  On décide de passer une section délicate à la cordelle, impossible d’y arriver car l’eau est trop haute. On traîne le canot en longeant le bord de la rive et en se frayant difficilement un chemin à travers les aulnes et les roches. Je perds pied, je regarde Pierre qui retient tant bien que mal le canot avant de disparaître dans l’une des courbes du rapide. Je réussis à regagner la rive et je remonte ce fort courant afin de rejoindre mon frère. Il s’inquiète car il ne sait pas du tout ce qui se passe avec moi. Les minutes sont longues et il est bien content de me revoir la ”bette” lorsque je réapparaîs dans le méandre de la rivière. Ça commence fort, on prend donc une petite ”pause réflexion” pendant que nous avons de l’eau jusqu’à la poitrine, que l’on retient le canot d’une main et que de l’autre, on se tient aux épinettes de la rive. Ok, impossible de poursuivre de façon sécuritaire en poursuivant par la droite, on rebrousse chemin à contre-courant pour atteindre un mini seuil. On traverse la rivière de biais pour se retrouver sur la rive gauche et on poursuit notre route. Je vérifie, je calcule, je nous positionne, je réexamine les cartes, rien à faire, ce rapide est interminable et exige beaucoup de nous. Après plusieurs heures d’attentives manoeuvres, on arrive enfin au bout. Résultat, ce rapide ne fait pas 800m. mais tout près de 2.2km. On continue notre chemin tout en cogitant sur les conditions difficiles de ce premier rapide.

Ciel, il y a quelque chose qui cloche, il y a quelque chose d’anormal. Avant notre départ, les locaux nous avaient avisé que l’eau était plus haute que d’habitude mais malgré tout nous avons cette désagréable impression que quelque chose ne marche pas. On sait que nos inquiétudes sont reliées au volume d’eau qui nous entoure. On essaie de spéculer sur le nombre de pieds de plus que la rivière peut avoir. Ce sentiment d’incertitude nous collera à la peau tout au long du parcours.

Nous poursuivons la descente de la Namesh en sautant plusieurs rapides de classe R2 et R3. On portage un R4 qui se termine par un seuil. Comme tout bon portage il est difficile, il nous faudra compter 1:30 pour le marcher. Un porc-épic essaie de traverser la rivière à la tête du rapide. Nous sommes sur la rive à l’encourager ‘’Allez, allez, vas-y mon gars, tu vas y arriver’’. Malheureusement, le courant l’entraîne dans le rapide où il disparaît. La journée avance rapidement, il pleut, il fait froid et la fatigue s’installe. On décide de continuer et de s’arrêter dès que l’on trouvera un endroit propice où monter la tente. On enfile les kilomètres, 3 autres rapides et toujours rien. Les berges sont complètement submergées. Finalement, on trouve un plateau surélevé et dégagé, on s’y installe pour la nuit. Les insectes pîqueurs sont omniprésents et les températures demeurent froides pour la saison. Le maximum oscille entre 15 et 18 degré et le minimum entre 5 à 9. Durant la nuit, une forte pluie nous tire de notre sommeil et elle se poursuivra sur plus de 24 heures. Rien de bien rassurant car cette ondée viendra gonfler encore plus le niveau de la rivière.

Au réveil, il pleut toujours, il fait froid et il vente. On prend la journée pour se reposer, réfléchir et panser nos blessures aux jambes. Pierre doit se frictionner régulièrement le genou droit. Il a subi plusieurs mauvais coups durant la descente, il boite et il a mal. Le lendemain, on constate bien que le niveau de la rivière a encore augmenté. On pli bagage et on se remet en route pour se confronter dès le départ à un R3. On le marche afin de définir la meilleure trajectoire à suivre. Il est long mais ça devrait aller. La journée se poursuit au même rythme en alternant des eaux vives, des R1, des R2 et des portages. Enfin, on arrive au dernier rapide de la rivière avant d’atteindre le lac Shushep qui lui nous amènera jusqu’à la rivière Kepimits. Ouais, il est long, il est gros, il est gonflé à bloc et la vitesse du courant est puissante, très puissante. Encore une fois, on marche le rapide en se frayant difficilement un chemin à travers la forêt. On l’observe longuement et attentivement. C’est un gros R3 avec un parcours difficile et qui au 2/3 du trajet possède un entonnoir rocheux sur la droite. C’est l’endroit à éviter absolument et les manoeuvres seront délicates pour y arriver. Ce rapide est à la limite de nos compétences respectives. Impossible de débuter de façon sécuritaire par la gauche, on prendra donc par la droite en déviant vers le centre pour enfin finir sur la gauche et ainsi éviter l’enclave rocheuse.

On se répète à voix haute le trajet à suivre, nous sommes très concentrés, on médite quelques instants et on s’engage dans le rapide. Dès le départ, nous sommes surpris par la puissance et la vitesse du courant. Notre temps de réaction afin d’effectuer efficacement nos manœuvres est durement affecté. Pierre est en avant et il me guide sur la voie à suivre et les passes à éviter. Les vagues cassent sur la pointe du canot et le remplissent légèrement à quelques reprises. Néanmoins, tout se déroule comme prévu jusqu’à mi-parcours où j’essaie de prendre plus vers le centre. Le courant est tellement violent et les rochers nombreux que je n’arrive pas à barrer efficacement. Ça y est, on se dirige directement au pire  endroit du rapide, le fameux entonnoir rocheux. Tout se passe en un claquement de doigt, on s’engouffre fortement dans cette enclave infernale. On traverse ce seuil entouré de 3 immenses roches où l’eau bouillonne de partout autour de nous. Le canot s’échoue solidement sur les rochers du bas et dans le sens de sa largeur. Incroyable, nous n’avons pas rempli par les pointes, nous sommes très stables sur les rochers de surface. Les décibels que dégage le rapide engourdissent mon esprit, je suis assis dans le canot entouré d’eaux déchaînées, c’est fou, c’est complètement irréel. Je me resaisis pendant que Pierre est debout sur une roche au-dessus de ce tumulte indescriptible. Il faut se sortir de là, on évalue la situation, on n’a pas le choix, on doit finir le dernier 1/3 du rapide par la droite. On dégage le canot, on dirige la pointe dans le sens du courant, Pierre s’installe en avant pendant que je retiens le canot à l’arrière. J’ai à peine le temps d’embarquer que nous voici déjà propulsés à vive allure dans cette descente bien particulière. Ça brasse et ça frappe de partout, encore quelques secondes et on se retrouve en eaux calmes à travers de nombreux îlots herbeux. Nous sommes accueillis par une volée de jeunes outardes. En un instant, tout redevient paisible. Le courant nous éloigne doucement du rapide, nous sommes silencieux et pensifs. On pousse un soupir de soulagement, on regarde vers le ciel et on dit ‘’merci’’ car nous sommes bénis des Dieux, oui, nous sommes bénis des Dieux c’est sûr.

Ce rapide était le dernier d’une série de 16. On emprunte la rivière pour un dernier droit de 17km. Nous sommes anxieux car nous savons très bien que nos problèmes sont loin d’être terminés. Avec des eaux élevées comme celles-ci, on redoute le niveau du Shushep. Les bassins versants l’entourant vont venir le gonfler de façon extrême. Le temps est à l’orage, le vent change de direction et les nuages se font de plus en plus menaçants. En arrivant dans le delta, la tempête frappe rapidement et brutalement. Les vents violents soulèvent de fortes vagues qui nous obligent à s’abriter derrière une basse île. La pluie nous fouette le visage pendant que l’on se retient aux branches des arbres pour ne pas dériver au large. Après une vingtaine de minutes, le vent se calme mais le temps demeure incertain. On sort de l’embouchure pour faire connaissance avec le Shushep. Une vraie mer intérieure, c’est immense et impressionnant d’avoir en face de soi une masse d’eau sauvage aussi imposante qui fait 450km carrés. On rentre sur le lac et nos doutes se concrétisent. Le niveau de l’eau est tellement élevé que toutes les plages répertoriées avant le départ sont complètement submergées sous plusieurs pieds d’eau. On scrute partout aux jumelles afin de dénicher un endroit sécuritaire pour monter la tente. Rien à faire, tout est inondé, le doux rivage habituel a laissé place à des côtes abruptes surplombées par une bande de 20 pieds d’aulnes qui finalement aboutit à une forêt tissée serrée. Les orages se pointent le bout du nez à nouveau, le temps presse pour s’abriter. On décide de squatter un îlot de roches pour la nuit. Cette décision nous expose aux vents violents et nous met dans une situation vulnérable, très vulnérable mais pour l’instant on n’a pas le choix. On monte solidement la tente et se sont de grosses pierres qui nous servent de piquets. On a à peine terminé l’installation qu’un autre orage frappe à nouveau. On se croirait sur le bord de la mer, les vagues viennent se fracasser sur les rebords rocheux de notre minuscule îlot.

On avale des wraps au beurre d’arachide et on s’abrite dans la tente. On discute de la situation globale de l’expédition. Nous devons évaluer efficacement toutes les facettes du voyage et surtout, nous nous devons de prendre les bonnes décisions. On échange et on fait le tour de la question. Il est évident qu’il faudra des semaines avant que l’eau n’atteigne son niveau normal. Par conséquent, la difficulté de dénicher un endroit approprié afin de monter le campement se répètera quotidiennement, que ce soit ici ou sur la Kepimits. Le fait de ne pouvoir cuisiner sur un feu de bois causera également problème à long terme. Enfin, les grands bancs de sable inondés par des semaines de pluies soutenues nous empêchent de pister les animaux et plus particulièrement les loups du territoire. Sur le terrain, notre objectif était de les trouver et dans les conditions actuelles, ça demeure pratiquement impossible. Faire du temps pour faire du temps ne nous intéresse pas. Notre décision est prise, on met fin à l’expédition, le niveau de l’eau a le dessus sur nous et on n’y peut rien. On appelle donc la base afin de se faire sortir du bois. Impossible, les avions sont ‘’surbookés’’, faut réessayer demain. Nouvelle tentative le lendemain matin, la réponse demeure encore négative, il y a un appareil qui s’est abîmé en ratant un décollage à Wabush. Je leur explique que notre situation est délicate car nous sommes isolés et exposés aux vents violents qui règnent sur la région, faut les recontacter en après-midi. Je téléphone à 14 :00, le répartiteur s’informe de notre position, de notre îlot, des vents et des vagues, un pilote tentera de nous rapatrier en fin de journée.

Pendant ce temps, les conditions météo se détériorent rapidement, le plafond s’abaisse, les nuages se noircissent et le vent augmente en intensité. On se dit que même si le pilote arrivait jusqu’ici qu’il ne pourrait pas se poser sur le lac et encore moins accoster sur l’îlot de roches pour nous récupérer. Tout le secteur est  fouetté par de forts vents. À 16 :30, le Beaver survole notre emplacement à plusieurs reprises, il se positionne, amerrit sur cet immense plan d’eau et se dirige dans notre direction. Le pilote, Gilles Morin, aborde le rocher tout sourire. Il me confirme le niveau anormalement élevé de l’eau mais sans plus. On se dépêche à charger le matériel dans l’avion pendant qu’il se fait brasser par les vents. Gilles nous informe qu’il ne peut pas prendre notre canot, Pierre l’attache solidement aux quelques arbres de l’îlot et un pilote le récupèrera lorsqu’il passera dans le secteur. Notre mésaventure se poursuit, impossible de décoller, l’appareil se fait coincer sur le rocher par les vents dominants. Tous les trois ensemble, nous effectuons plusieurs tentatives. Monte, descend, pousse, tire, monte, descend, pousse, tire, rien à faire le vent nous colle inlassablement sur le rocher. Après 30 minutes d’efforts, on réussit à se dégager, on s’éloigne et on décolle. En vol, on observe attentivement ce magnifique territoire, on reconnaît aisément le parcours que l’on voulait emprunter. On voit très bien toutes nos plages de sable submergées par plusieurs pieds d’eau. Malgré le vrombissement assourdissant du moteur, tout est silence dans mon esprit. Tous ces mois à se préparer adéquatement et ce voyage prometteur qui se fait mettre K.O. par un soubresaut météo. Une grande déception m’envahit, j’ai le vague à l’âme et le cœur à la tristesse.

Lors de notre arrivée à la base de Wabush, je fais la rencontre de Bertin Gagné. Le chef guide du Club Chambeaux, ça fait 31 ans qu’il opère dans la région, il me raconte qu’il n’a jamais vu un tel niveau d’eau de toute sa vie. Plusieurs quais de son territoire ont été arrachés par le courant, il ne pouvait même pas descendre ou remonter certains rapides avec ses embarcations motorisées. Il m’affirme avec conviction que le niveau de l’eau est d’au moins 4 pieds plus haut que la normale. C’est une mince consolation mais je suis content d’obtenir l’heure juste de la part d’un interlocuteur des plus fiables. Maintenant, je comprends mieux les imposants volumes d’eau rencontrés sur la rivière, la vitesse de ses courants, la violence de ses rapides, la disparition des plages et l’absence des bons endroits pour camper.

Je me réfugie dans mes pensées intérieures, la nature a toujours le dernier mot et je ne peux que m’incliner devant elle. Je sais que nous avons pris la bonne décision. Pour nous, il est clair qu’une expédition réussie est une expédition où tout ton monde revient en un morceau. Malgré les nombreuses embûches et difficultés que nous avons affrontées tout au long du parcours, Pierre et moi avons été protégés et bénis des Dieux….nous en sommes très reconnaissants….ainsi soit-il.

A Whisper of Silence to Beloved Japan

By Denis Plamondon

The March 11th 2011 disaster, following a massive earthquake and tsunami, destroyed away many lives and disrupted the existence of millions more. This devastation has triggered sorrow in our hearts and found its way to the core of our souls. We are astonished by the inconceivable images reported in the media, feel powerless and weighed down by profound sadness. It is with great concern that we offer our sympathy to all victims of this terrible tragedy. For those who perished, may you rest in peace. We keep silence in our hearts, you will be remembered.

This brief article focuses on Matsushima (松島), a town located 30 minutes from Sendai, famous for its natural beauty. The 9.0 earthquake’s epicenter was located nearby. We still don’t know the state of this marvel of nature, but we hope this icon of Japan will be revitalized and attain a new serenity. Visitors to Matsushima often take a boat tour to travel through an archipelago of 260 tiny islets just of the coast. One of the islets bears an image, carved by mother nature, with a striking resemblance to the map of Japan. We cannot help but wonder if recent events have altered this signature and transformed the social fabric of the Japanese people, but we can be sure that now more than ever, nature has reached a new level of deference.

Did the physical and spiritual map of Japan changed?

Now it is time to help. The Japanese need immediate attention, especially in northern part of the country. Please refer to the links down below to see what you can do.

How to Help:

Relief efforts:

Hope International Development Agency-Japan: A reliable organization involved in many relief efforts around the globe. They have personnel on the ground in Northern Japan to bring immediate relief to the victims.

Doctors Without Borders: Present on the ground moments after the catastrophe, their intervention is crucial to saving lives and treating injuries; always an excellent idea to donate to this organization.

Japanese Red Cross Society: You can be sure that the Red Cross will do exactly what they are all about, supplying well-needed medicine.

The Shelter Box: Clear destination for your help.

Five ways you can help Japan: A few more options to choose from.

You can also turn towards artists’ special funds:

Lady Gaga Japan Earthquake Relief Wristband: The bracelet costs only $5, but it will make a difference.

Local concerts, fashion shows, special events have been organized all over the world. Keep your eyes and heart wide open.

Check locally your telephone company for donations. For example in Canada, Rogers, Fido and other wireless customers can text ASIA to 30333 to donate $5 to earthquake relief efforts. 100% of all donations will go to the Canadian Red Cross Japan Earthquake/Asia-Pacific Tsunami fund.

Pets and Animals Rescue:

Japan Earthquake Animal Rescue and Support (JEARS):

Animal Refuge Kansai:

World Vets – Japan Animal Disaster Relief:


Yabusame Shimogamo Shrine Kyoto Archery Cavalier in action

Yabusame Shimogamo Shrine Kyoto Archery Cavalier in action

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Yabusame Photo Interlude

Photos by Sandra D’Sylva and Denis Plamondon

Japanese traditional horseback martial arts are still very much alive and well organized. Check the following all year round schedule to see where and when you can watch these performances. Today, we propose a photo report of one of these events that occurred in the forest of  Shimogamo Shrine in Kyoto. These photos were taken on May 3rd, 2008.

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Cavaliers at the Yabusame Contest in Shimogamo Shrine in Kyoto

Cavaliers at the Yabusame Contest in Shimogamo Shrine in Kyoto

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Musicians at the Shimogamo Shrine Yasubane Contest, in Kyoto

Musicians at the Shimogamo Shrine Yabusame Contest, in Kyoto

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Yabusane Organizers dressed in traditionnal costume, Shimogamo Shrine, Kyoto

Yabusame Organizers dressed in traditional costume, Shimogamo Shrine, Kyoto

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Yabusame Shimogamo Shrine Kyoto Archery practice

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Yabusame Shimogamo Shrine Kyoto Archery under a Gate

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Yabusame Shimogamo Shrine Kyoto Archery Arrows transfert

Yabusame Shimogamo Shrine Kyoto Archery Arrows transfer

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Yabusame Shimgamo Shrine in kyoto Archery

Yabusame Shimgamo Shrine in Kyoto Archery

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Yabusame Shimogamo Shrine Kyoto Archery fully extended horse legs

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Yabusame Shimogamo Shrine Kyoto Archery

Yabusame Shimogamo Shrine Kyoto Archery

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Reflexion of spectators in a glass Yabusame Shimogamo Shrine

Reflexive glass of Yabusame spectators at Shimogamo Shrine

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Field of flowers in Naka Furano in Hokkaido. Photo fused with clouds

Field of flowers in Naka Furano in Hokkaido. Photo fused with clouds

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Colour Your World in Furano

By Denis Plamondon

Photo: By Sandra D’Sylva and Denis Plamondon

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Furano is great multi-season destination. Located in a wide valley, some 140 kilometers east of Sapporo, this “lavender country” has something to offer everyone in each season. In winter, Furano promotes its cosy resorts and powdery snow ski slopes (international standards) to all skiers, snowboarders and cross-country skiers alike. In summer, activities range from canoeing, rafting, horseback riding and hiking to lifetime experiences like hot-air ballooning. There are also many farms, factories and a spectacular array of flowers to discover.

This region of Hokkaido most likely derives its name from the Ainu word Fu-Ra-Nui – referring to the sulfuric smell of the river. When making a hotel reservation, it’s a good idea to keep in mind that Furano has two districts: JR Station, accommodation and civic facilities are located in the downtown district, while many hotels, bars and restaurants are found in the Kitanomine district across the river, close to ski slopes.

No matter where you chose your base, most places are easily accessible with local transportation. The Kururu Shuttle Bus offers a day pass during the summer, which allows you to get on and off at the main attractions in a single day if you begin your journey early in the morning. Depending on where you’re staying, a good place to start is at the Highlands Furano with its radiant fields of lavender and refreshing hikes through the forest. Next en route is the Furano Winery where you can visit the cave and sample a variety of wines; you will probably end up buying a few bottles, the labels are particularly beautiful. Then, you can treat yourself to a fondue made from local cheese at the Wine House and benefit from a fantastic panorama of Furano. For fans of Japanese TV dramas, you can also enjoy a visit to the set of “From the Northern Country” which is filmed on location in Hokkaido.

If you’re going to Furano to admire the celebrated lavender fields and the beauty of their deep purple signature, you should plan a visit between mid-July and the beginning of August before harvest. In any case, a trip to Farm Tomita in Naka Furano will certainly be a highlight. This is where you’ll find the famous rainbow of colorful flowers advertised on the cover of most Hokkaido magazines. Lavender gives a pleasant experience with its unique aroma and color, but did you know that it has a fragrant taste as well? Find out more on your own and don’t miss the ice cream at Farm Tomita!

Pension Lavender is a lovely place to stay. For a delicious and inexpensive dinner, the Tirol Lamb BBQ next to Snow Flake Lodge is recommended, both owned by cheerful ski instructor Kojima Hisayuki. If you’re looking for a fun and friendly bar to hang out in the evening, Bar and Dining Ajito is your choice. Apparently, Aussie’s and Japanese warm up the place during the winter season. Lastly, don’t miss out on the abundance of sweet succulent melons and other fresh fruits, vegetables and local products.

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Furano Valley: View from Farm Tomita in Naka Furano, Hokkaido

Furano Valley: View from Farm Tomita in Naka Furano, Hokkaido

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Lavender field in Highland Furano, Hokkaido

Lavender field in Highland Furano, Hokkaido

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Butterfly in Highland Furano

Butterfly in Highland Furano

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Lotus flowers in a lovely pond in Highland Furano, Hokkaido

Lotus flowers in a lovely pond in Highland Furano, Hokkaido

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Mushroom in Highland Furano, Hokkaido

Mushroom in Highland Furano, Hokkaido

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Wineyards in Furano, Hokkaido

Wineyards in Furano, Hokkaido

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Wine Barils in Furano Winery, Hokkaido

Wine Barrels in Furano Winery, Hokkaido

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Cellar in Furano Winery in Hokkaido

Cellar in Furano Winery in Hokkaido

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Wine labels with typical Furano colours in Hokkaido

Wine labels with typical Furano colors in Hokkaido

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Rainbow of colourful flowers in Naka Furano, Hokkaido

Rainbow of colorful flowers in Naka Furano, Hokkaido

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Sunflower field in Naka Furano, Hokkaido

Sunflower field in Naka Furano, Hokkaido

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The latest article on the Hokkaido series will soon be published.

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Colour your world in Furano Title

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Shiraoi Hokkaido Ainu's Title NO2

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Exploring Ainu’s Wisdom and Crafts in Shiraoi, Hokkaido

By Denis Plamondon

Photos by Sandra D’Sylva and Denis Plamondon

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When one thinks of Hokkaido, many images surge from the conception of Japan’s northernmost island. Notions of nature, wilderness, mountains, volcanoes, large farms, snow, ice carvings, festivals and ski resorts easily come to mind. So are major events like the Winter Olympics of Sapporo in 1972 or last year’s G8 Hokkaido Summit. If one scratches the surface a little further, one might identify the name of the indigenous people of Japan. After all, the Ainu have been living here for several thousands of years.

On the other hand, we’re probably unaware of the long history of discrimination and the chronicled inferiority complex felt by the Ainu themselves which almost led to their extinction. As a matter of fact, many stories depict the Ainu-Wajin (Japanese) relation as a stream of repulsion for a culture of lesser importance, second rate and not worth keeping. The Ainu elders even stopped teaching their native language to their children to enable them to more easily integrate into mainstream Japanese culture. The embarrassment of being Ainu seems particularly ironic when we know its meaning: Ainu means “human” or a “respectable human”. The government only recognized the rights of this great nation in 1997 with the rather ineffective Ainu Cultural Promotion Law to describe their culture as “unique”. But it takes more than an exhibition of fabrics and other crafts to preserve a culture; teaching language and transmitting values are instrumental to keep the Ainu nation alive. (Please read an insightful interview with Hasegawa Osamu ). According to a 2006 census, the Ainu population in Hokkaido accounted for 23,782 inhabitants while between 2,500 and 10,000 individuals were estimated to be living in Tokyo. This number is probably higher since many are unaware of their origin or hide their true identity. At first glance, one may get discouraged with such an outcome, but the situation has started to change for the Ainu people, like many other things in Japan.

In addition to dedicated ‘backstage’ activists, proud and talented Ainu artists are trying to promote and revitalize their culture to a new level by transcending their folklore: Oki and his Ainu Dub Band are gaining world recognition; and Ainu Rebels led by Mina Sakai are known for fusing traditional music with dance, rock and hip-hop. The international solidarity between aboriginals from around the world, who hold regular meetings every year, is no stranger to the emancipation of Ainu culture. In September 2007, the UN General Assembly passed the Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, and the Japanese Government finally passed a bill which recognizes the Ainu as “the indigenous people of Japan”.

Keeping Ainu Culture Alive:

On 3 October 2009, Kaha:wi, a Mohawk dance company from Canada, is performing at the Red Brick Warehouse, in Yokohama. The theater company will share the stage with Ainu Rebels in a show called: Dance with the Earth. To mark the occasion, Professor Hiroshi Nakagawa of Chiba University will give a lecture on the teachings of Ainu language. In Tokyo, the Restaurant Rera Cise (House of Wind) in Nakano is also a good place for the diffusion of Ainu culture and cuisine.

The Ainu Museum in Shiraoi:

Shiraoi is a small town located some 20 kilometers west of Noboribetsu. There are a few hotels in the area, but Ryokan Okita, just a few minutes from the JR Station, is a good recommendation if you are looking for convenient budget accommodation. The Ainu Museum actually offers more than only a museum. An interesting display of houses (cise) was erected to represent a typical Ainu village. A series of music and dance performances are scheduled every day which allows visitors a great opportunity to learn about this rich and unique culture. Lively entertainers dance around a rectangular fire in the middle of the house with typical instruments, such as a tonkori (plucked string instrument). A woman plays a mukkuri (mouth harp) with rhythms that evoke the Inuits in northern Canada. They take great care to perform correctly as it is said that most Ainu songs are sacred and are often sung to keep evils spirits away.  Performers proudly wear traditional Ainu costumes and headbands embroidered with organic patterns, also designed with the rational of protecting the wearer from evil. If you would like to learn more about Ainu patterns, please visit the superb website by Deborah Davidson, Project U-E-Peker.

Watch an interesting interview with Mina Sakai of Ainu Rebels

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Shiraoi Hokkaido Ainu's houses (Cise)

Shiraoi Hokkaido - Ainu Houses (Cise)

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Ainu's costumes and culture presentation in Shiraoi, Hokkaido

Ainu traditional wear and cultural performance - Shiraoi, Hokkaido

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Ainu's dance around a fire place in indigenous house, Shiraoi. Hokkaido

Ainu dance around a hearth in an indigenous house - Shiraoi, Hokkaido

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Women Musician playing the tonkori (plucked string instrument) in Shiraoi, Hokkaido

Musician playing the tonkori (plucked string instrument) - Shiraoi, Hokkaido

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Ainu's woman musician playing the "bombard" in Shiraoi, Hokkaido

Ainu musician playing the "mukkuri" - Shiraoi, Hokkaido

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2 women wearing Ainu's costumes with baby bed in Shiraoi, Hokkaido

Women wearing Ainu dresses singing a baby to sleep - Shiraoi, Hokkaido

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Inside an Ainu's house in Shiraoi, Hokkaido

Inside an Ainu house - Shiraoi, Hokkaido

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Fishes are being smoked in the ceiling of an Ainu's house in Shiraoi, Hokkaido

Fishes are being smoked inside Ainu house - Shiraoi, Hokkaido

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Wall patterns and tatoo on one hand in Shiraoi, Hokkaido

Wall patterns and tatoos (hand in photo) - Shiraoi, Hokkaido

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Women executing Ainu mats'work in Shiraoi, Hokkaido

Women weaving an Ainu mat - Shiraoi, Hokkaido

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